Celui qui ne savait pas aimer
Les oiseaux de tempêtes... Magnifique créature capable de survoler la crêtes des vagues, de jouer dans l'écumes déchaînée, de rire de l'eau en furie... Est-ce une image de la liberté ? Oui, non, peut-être... Personne ne sais vraiment ce qu'est la liberté. Même cet oiseau innocent est sans doute prisonnier de son enivrante sensation de liberté...
Venom prend son ami par le bras et l'aide à se relever. Il vacille un moment avant de réussir à reprendre son équilibre. Elle lui propose son épaule comme aide, qu'il accepte aussitôt. Mais ou aller à présent ? Chez elle ? Non, sa mère n'est pas personne a accepter les inconnus... Chez lui ? Pas dans cet état... Dans un bar quelconque ? Pas pour écouter ce que Melwynn a à lui dire... Mais alors... Son regard se porte sur les hautes tours grises qui s'élèvent à quelques centaines de mètres. Chez le docteur !
- Tu tiendras jusqu'aux tours, là-bas ?
- Ne t'inquiète pas, je suis juste un peu sonné et secoué, c'est tout...
- Tant mieux car je vais t'emmener chez la personne la mieux placée pour s'occuper de toi. Un docteur !
- Docteur ?
Elle sourit et l'entraîne du mieux qu'elle peut chez Zach Barn, le mieux placé pour soigner les blessures au coeur et au corps.
Melwynn n'est pas très lourd sur son épaule. Elle sait très bien qu'il est plus mal qu'il ne le dis pas, psychologiquement, tout du moins...
Elle ne prend pas la peine de sonner à l'entrée de l'immeuble et tape directement le code. Etant son seul ami, il est aussi le seul chez qui elle ne soit jamais allée. L'ascenseur fonctionne, heureusement et les emmène rapidement au cinquième étage. Elle frappe à la porte et attend sagement la réponse. Rien... Agacée, elle frappe plus violemment. Toujours rien... Pourtant elle est sûr qu'il est là, la lumière était allumée.
- Il n'avait qu'à répondre ! grogne-t-elle en ouvrant brusquement la porte.
Elle la referme en la claquant et crie :
- Merci de m'accueillir chez vous, docteur !
Elle entend quelqu'un grogner dans une pièce voisine et la porte s'ouvre violemment, laissant place à un Zach très énervé.
- T'as pas honte de t'inviter chez les gens, la borgne ! J'étais occupé !
- Oh ! J'oubliais qu'il y avait plus important qu'un lycéen se faisant attaquer par deux grosses brutes en plein milieu d'un jardin publique !
Les yeux du brun s'écarquillent de surprise et il ouvre grand la bouche en apercevant Melwynn, appuyé lourdement sur l'épaule de Venom, fixant le docteur avec de grands yeux incrédules et brillants.
- ça vous surprend au point de vous faire perdre votre robe de chambre ? Vous n'êtes pas très habillé en dessous, à ce que je vois... J'imagine aisément ce que vous étiez en train de faire, vicieux !
- Oh ! Ça va, hein ?! Emmène-le ici et raconte-moi ce qui est arrivé !
- Ici où ?
- Sur le canapé, idiote !
- Votre canapé est occupé par une collection de bouteille, mon cher ami...
- Zut ! J'avais oublié... Et bien, le lit alors...
- J'ai bien l'impression que le lit aussi est occupé.
- Aucune importance, je vais lui demander de se lever, c'est tout !
Il lui fait signe de suivre et s'appuie contre l'encadrement de la porte avec calme :
- Excuse-moi de te virer si tôt, Al, mais j'ai une urgence. Est-ce que tu peux rendre le lit ?
- Deux secondes, je finit de m'habiller et je libère.
- Dans l'autre sens, ton slip...
- Oui c'est vrai, je fais n'importe quoi aujourd'hui...
Quelques instants après, un homme d'une vingtaine d'année, aux cheveux blonds et courts, sort de la chambre en s'étirant. Le dénommé Al fait un clin d'oeil à Zach et déclare :
- On se revoit demain si ça te va !
- OK ! A demain !
Zach le regarde tranquillement partir, un léger sourire sur les lèvres. Puis il fait signe à Venom de déposer Melwynn sur le lit. Elle s'exécute et il s'affale dans les draps défaits.
Le docteur disparaît un moment, laissant les deux ados seuls. Venom en profite pour questionner le jeune homme :
-Maintenant tu peux m'expliquer qui sont ces hommes. Exactement et comment tu t'es retrouvé à servir de jouet à un... « boss »...
Le « jouet » soupire profondément et se passe le bras sur la figure, essuyant le sang qui lui coule du coin de la bouche.
- Et bien... C'est assez compliqué... On va dire que ma famille à des dettes... C'est une ancienne grande famille et mes parents ne supportent pas l'idée que la décadence puisse les atteindre... Alors ils ont été forcés de s'adresser à un... homme...
Je ne sais pas exactement qui. En tous cas cet homme leur a prêté beaucoup d'argent. Mais en échange ils m'ont... vendus... Je devais passer une nuit avec lui pour chaque millier d'euro prêté... Ils trouvaient que, naturellement c'était une excellente affaire ! Imagine ! Ils prêtent leur fils à chaque millier emprunté !
Il a caché ses yeux. Paiement charnel. Venom fixe ses mains, ses blessures lui semblant bien peu de choses face à ce que, lui, subit. D'une voix calme, pleine d'une colère froide, elle demande :
- Combien de nuit a tu passé avec lui ?
-17... Il m'en reste 23, jusqu'à ce que mes parents fassent un autre emprunt...
Quelque chose dans sa voix indique qu'il y a autre chose, mais pour l'instant il ne veut pas en dire plus, et elle ne compte pas le forcer. Elle ferme les yeux, bouillante en pensant à ce qu'il est obligé de faire parce que ses parents ne souhaitent pas tomber dans la décadence.
-C'est la pire forme de décadence qui existe, vendre son fils, comme ça...
Venom sursaute, ce n'est pas elle qui a parlé ce n'est pas non plus Melwynn.
- Je n'avais pas prévu que vous entendiez aussi, docteur, murmure ce dernier.
- Excuse-moi, j'étais parti chercher la trousse de secours et j'ai surpris votre conversation... Mais, tu ne peux pas leur échapper, Melwynn ?
- Je ne peux même pas y penser, tant que je n'aurais pas offert mon corps le nombre de fois requit, ils me poursuivront...
Le docteur acquiesce et s'approche avec sa trousse de secours. D'une main experte et douce, il panse l'adolescent avec toute la douceur du monde. Ce dernier réprime des frissons de plaisir face à ces brefs contacts entre eux deux. Zach l'a bien senti, et Venom a la surprise de voir le docteur troublé, pour la première fois. Jamais elle n'aurait imaginé voir un jour cet expression sur son visage. Peut-être sait-il aimer, finalement ?
- Je vais rentrer chez moi, vous vous occuperez de lui ?
- Euh... Il reste là ?
- Si il ressort, ils vont se précipiter sur lui pour le traîner chez leur « boss ». Non, je ne prendrais pas de risque. Gardez-le ! Et puis, savoir que ses parents sont capables de lui infliger ce genre de choses ne me rassurent pas autre mesure... Bonne soirée !
- Euh... Oui... bonne nuit Venom...
Bien sûr elle aurait pu rester avec eux, mais elle voulait voir si les deux garçons seraient capables de s'aimer. Elle se reproche cette pensée, mais l'expression du docteur la pousse à lui faire confiance. Peut-être que si Melwynn et lui sortent ensemble la souffrance de son ami sera moindre... Passer ses nuits avec quelqu'un qu'il aime... passer ses nuits avec quelqu'un que l'on aime pas... Les deux se valent... Peut-être... Elle sourit pour elle même et se dirige vers chez elle, prête à recevoir des coups de bâtons pour son retard...
Les oiseaux de tempêtes... Magnifique créature capable de survoler la crêtes des vagues, de jouer dans l'écumes déchaînée, de rire de l'eau en furie... Est-ce une image de la liberté ? Oui, non, peut-être... Personne ne sais vraiment ce qu'est la liberté. Même cet oiseau innocent est sans doute prisonnier de son enivrante sensation de liberté...
Venom prend son ami par le bras et l'aide à se relever. Il vacille un moment avant de réussir à reprendre son équilibre. Elle lui propose son épaule comme aide, qu'il accepte aussitôt. Mais ou aller à présent ? Chez elle ? Non, sa mère n'est pas personne a accepter les inconnus... Chez lui ? Pas dans cet état... Dans un bar quelconque ? Pas pour écouter ce que Melwynn a à lui dire... Mais alors... Son regard se porte sur les hautes tours grises qui s'élèvent à quelques centaines de mètres. Chez le docteur !
- Tu tiendras jusqu'aux tours, là-bas ?
- Ne t'inquiète pas, je suis juste un peu sonné et secoué, c'est tout...
- Tant mieux car je vais t'emmener chez la personne la mieux placée pour s'occuper de toi. Un docteur !
- Docteur ?
Elle sourit et l'entraîne du mieux qu'elle peut chez Zach Barn, le mieux placé pour soigner les blessures au coeur et au corps.
Melwynn n'est pas très lourd sur son épaule. Elle sait très bien qu'il est plus mal qu'il ne le dis pas, psychologiquement, tout du moins...
Elle ne prend pas la peine de sonner à l'entrée de l'immeuble et tape directement le code. Etant son seul ami, il est aussi le seul chez qui elle ne soit jamais allée. L'ascenseur fonctionne, heureusement et les emmène rapidement au cinquième étage. Elle frappe à la porte et attend sagement la réponse. Rien... Agacée, elle frappe plus violemment. Toujours rien... Pourtant elle est sûr qu'il est là, la lumière était allumée.
- Il n'avait qu'à répondre ! grogne-t-elle en ouvrant brusquement la porte.
Elle la referme en la claquant et crie :
- Merci de m'accueillir chez vous, docteur !
Elle entend quelqu'un grogner dans une pièce voisine et la porte s'ouvre violemment, laissant place à un Zach très énervé.
- T'as pas honte de t'inviter chez les gens, la borgne ! J'étais occupé !
- Oh ! J'oubliais qu'il y avait plus important qu'un lycéen se faisant attaquer par deux grosses brutes en plein milieu d'un jardin publique !
Les yeux du brun s'écarquillent de surprise et il ouvre grand la bouche en apercevant Melwynn, appuyé lourdement sur l'épaule de Venom, fixant le docteur avec de grands yeux incrédules et brillants.
- ça vous surprend au point de vous faire perdre votre robe de chambre ? Vous n'êtes pas très habillé en dessous, à ce que je vois... J'imagine aisément ce que vous étiez en train de faire, vicieux !
- Oh ! Ça va, hein ?! Emmène-le ici et raconte-moi ce qui est arrivé !
- Ici où ?
- Sur le canapé, idiote !
- Votre canapé est occupé par une collection de bouteille, mon cher ami...
- Zut ! J'avais oublié... Et bien, le lit alors...
- J'ai bien l'impression que le lit aussi est occupé.
- Aucune importance, je vais lui demander de se lever, c'est tout !
Il lui fait signe de suivre et s'appuie contre l'encadrement de la porte avec calme :
- Excuse-moi de te virer si tôt, Al, mais j'ai une urgence. Est-ce que tu peux rendre le lit ?
- Deux secondes, je finit de m'habiller et je libère.
- Dans l'autre sens, ton slip...
- Oui c'est vrai, je fais n'importe quoi aujourd'hui...
Quelques instants après, un homme d'une vingtaine d'année, aux cheveux blonds et courts, sort de la chambre en s'étirant. Le dénommé Al fait un clin d'oeil à Zach et déclare :
- On se revoit demain si ça te va !
- OK ! A demain !
Zach le regarde tranquillement partir, un léger sourire sur les lèvres. Puis il fait signe à Venom de déposer Melwynn sur le lit. Elle s'exécute et il s'affale dans les draps défaits.
Le docteur disparaît un moment, laissant les deux ados seuls. Venom en profite pour questionner le jeune homme :
-Maintenant tu peux m'expliquer qui sont ces hommes. Exactement et comment tu t'es retrouvé à servir de jouet à un... « boss »...
Le « jouet » soupire profondément et se passe le bras sur la figure, essuyant le sang qui lui coule du coin de la bouche.
- Et bien... C'est assez compliqué... On va dire que ma famille à des dettes... C'est une ancienne grande famille et mes parents ne supportent pas l'idée que la décadence puisse les atteindre... Alors ils ont été forcés de s'adresser à un... homme...
Je ne sais pas exactement qui. En tous cas cet homme leur a prêté beaucoup d'argent. Mais en échange ils m'ont... vendus... Je devais passer une nuit avec lui pour chaque millier d'euro prêté... Ils trouvaient que, naturellement c'était une excellente affaire ! Imagine ! Ils prêtent leur fils à chaque millier emprunté !
Il a caché ses yeux. Paiement charnel. Venom fixe ses mains, ses blessures lui semblant bien peu de choses face à ce que, lui, subit. D'une voix calme, pleine d'une colère froide, elle demande :
- Combien de nuit a tu passé avec lui ?
-17... Il m'en reste 23, jusqu'à ce que mes parents fassent un autre emprunt...
Quelque chose dans sa voix indique qu'il y a autre chose, mais pour l'instant il ne veut pas en dire plus, et elle ne compte pas le forcer. Elle ferme les yeux, bouillante en pensant à ce qu'il est obligé de faire parce que ses parents ne souhaitent pas tomber dans la décadence.
-C'est la pire forme de décadence qui existe, vendre son fils, comme ça...
Venom sursaute, ce n'est pas elle qui a parlé ce n'est pas non plus Melwynn.
- Je n'avais pas prévu que vous entendiez aussi, docteur, murmure ce dernier.
- Excuse-moi, j'étais parti chercher la trousse de secours et j'ai surpris votre conversation... Mais, tu ne peux pas leur échapper, Melwynn ?
- Je ne peux même pas y penser, tant que je n'aurais pas offert mon corps le nombre de fois requit, ils me poursuivront...
Le docteur acquiesce et s'approche avec sa trousse de secours. D'une main experte et douce, il panse l'adolescent avec toute la douceur du monde. Ce dernier réprime des frissons de plaisir face à ces brefs contacts entre eux deux. Zach l'a bien senti, et Venom a la surprise de voir le docteur troublé, pour la première fois. Jamais elle n'aurait imaginé voir un jour cet expression sur son visage. Peut-être sait-il aimer, finalement ?
- Je vais rentrer chez moi, vous vous occuperez de lui ?
- Euh... Il reste là ?
- Si il ressort, ils vont se précipiter sur lui pour le traîner chez leur « boss ». Non, je ne prendrais pas de risque. Gardez-le ! Et puis, savoir que ses parents sont capables de lui infliger ce genre de choses ne me rassurent pas autre mesure... Bonne soirée !
- Euh... Oui... bonne nuit Venom...
Bien sûr elle aurait pu rester avec eux, mais elle voulait voir si les deux garçons seraient capables de s'aimer. Elle se reproche cette pensée, mais l'expression du docteur la pousse à lui faire confiance. Peut-être que si Melwynn et lui sortent ensemble la souffrance de son ami sera moindre... Passer ses nuits avec quelqu'un qu'il aime... passer ses nuits avec quelqu'un que l'on aime pas... Les deux se valent... Peut-être... Elle sourit pour elle même et se dirige vers chez elle, prête à recevoir des coups de bâtons pour son retard...
